Ne jamais partir seul
La règle d'or, c'est le binôme. En cas de crampe, de malaise, de fatigue soudaine ou de courant, une personne à proximité peut aider ou donner l'alerte. Restez à vue l'un de l'autre, à quelques mètres, et fixez à l'avance une zone à ne pas dépasser et une heure de retour.
Prévenez aussi quelqu'un à terre de votre sortie, de la zone et de l'heure de fin prévue : en cas de problème, les secours gagnent un temps précieux. Un simple message avant et après la sortie constitue un filet de sécurité efficace, surtout sur un spot isolé.
Se rendre visible : la bouée de signalisation
En surface, un nageur est très difficile à repérer depuis un bateau : seule la tête dépasse, souvent masquée par le clapot. Une bouée de signalisation tractée (orange ou rouge vif), reliée à une ceinture, vous rend visible de loin et sert de point d'appui pour vous reposer.
C'est un accessoire simple qui augmente nettement la sécurité, surtout dans les zones fréquentées par les embarcations. Certains modèles font aussi caisson étanche pour ranger clés et téléphone. Ne vous fiez pas au fait qu'un bateau "devrait" vous voir : rendez-vous visible activement.
Surveiller bateaux et courants
- Restez à l'écart des chenaux de navigation, des zones de mouillage et des sorties de port.
- Avant d'entrer, repérez le courant : nagez d'abord contre lui pour finir dans le sens facile au retour, quand vous serez fatigué.
- Prenez régulièrement un amer sur la côte (rocher, bâtiment) pour détecter une dérive avant qu'elle ne soit trop grande.
- Méfiez-vous des courants d'arrachement (baïnes) près des plages océaniques, qui tirent vers le large.
- Par vent de terre, on est poussé vers le large sans le sentir : redoublez de vigilance.
Que faire en cas de courant
Si vous sentez que vous dérivez ou que vous n'avancez plus vers le bord, ne luttez pas de face : c'est épuisant et souvent perdant. Restez calme, respirez régulièrement et gardez votre bouée, qui vous maintient à flot et vous signale.
Pour sortir d'un courant d'arrachement, nagez parallèlement à la côte jusqu'à en sortir, puis regagnez le bord en biais. Si vous êtes trop fatigué, agrippez la bouée, faites de grands signes des bras et appelez à l'aide. La priorité est de flotter et d'économiser vos forces, pas de rejoindre la plage à tout prix.
Ne pas toucher la faune ni le fond
Pour votre sécurité et pour l'environnement, on regarde, on ne touche pas. Certaines espèces piquent, brûlent ou blessent : méduses, oursins, vives enfouies dans le sable, rascasses aux épines venimeuses, corail coupant. Le contact abîme aussi des fonds fragiles comme les herbiers de posidonie.
Gardez vos distances, ne soulevez pas les rochers, ne posez pas les pieds sur le fond et ne nourrissez jamais les animaux (cela modifie leur comportement et peut les rendre agressifs). En cas de piqûre d'oursin ou de vive, rincez à l'eau de mer, retirez les épines visibles et, pour une vive, appliquez du chaud ; consultez si la douleur persiste.
Soleil, fatigue et froid
En surface, le dos, la nuque et l'arrière des jambes cuisent sans qu'on le sente, refroidis par l'eau : portez un lycra anti-UV et de la crème résistante à l'eau sur les zones exposées. Buvez avant et après, car on se déshydrate aussi dans l'eau.
Surveillez la fatigue (l'excitation fait oublier qu'on s'éloigne et qu'on force) et le froid : l'eau évacue la chaleur bien plus vite que l'air, même par beau temps. Rentrez dès les premiers frissons, une baisse de lucidité ou un début de crampe, avant d'être épuisé. Choisir un jour de mer calme, comme le montrent les conditions notées dans BeachFinder, réduit aussi nettement le risque.
Cas particuliers : enfants, apnée, santé
Avec des enfants, restez à portée de main, équipez-les d'un gilet ou d'une bouée de flottaison, limitez la durée et surveillez le froid, qui les gagne plus vite. Ne les laissez jamais seuls, même en eau peu profonde.
Si vous descendez en apnée pour voir de plus près, ne le faites jamais seul et remontez bien avant le besoin d'air : la syncope hypoxique peut survenir sans signe d'alerte, souvent près de la surface. Enfin, en cas de problème cardiaque, respiratoire ou d'oreille, demandez un avis médical : l'eau froide et l'effort sollicitent l'organisme plus qu'on ne le croit.